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ARTISANS
DE PAIX
Ma paix aurait pu
être
une fleur sauvage,
de ces fleurs des champs
que nul ne sème ni ne moissonne.
La paix aurait pu être
de ces fleurs des prés
que l’on trouve toutes faites
un beau matin,
au bord du chemin,
au pied d’un arbre
ou au détour d’un ruisseau.
Il aurait suffi de ramasser
la paix
comme on ramasse des champignons
ou comme on cueille la bruyère
ou la grande marguerite.
Au contraire,
la paix est un travail,
c’est une tâche.
Il faut faire la paix
comme on fait le blé.
Il faut faire la paix
comme il faut des années
pour faire une rose
et des siècles pour faire une vigne.
La paix n’existe pas à l’état sauvage:
il n’y a de paix qu’à visage humain...
Celle que les femmes et les hommes
reçoivent de Dieu
et qu’ils construisent avec les énergies
du Christ ressuscité.
D’après
le texte Artisans de paix paru dans Le Précurseur,
volume 43, no 2, avril-mai-juin 2000 |